Entre déceptions et renouveaux...
Si les projets mis en œuvres en 2010 ont permis de recruter de nouveaux membres et de relancer l’association, celle-ci semble néanmoins plus mesurée. Elle a choisi de privilégier, du moins dans un premier temps, le bon déroulement des réunions-échanges au foisonnement des projets, caractéristique de ses débuts. Le départ des doctorant-e-s de Nicole Brenez vers Paris 3 conduit à l’abandon de la revue CinéfabriKa, du projet de publication des réunions-échange, des manifestations impaKt (cette programmation, créée en 2007, cesse à la fin de la saison 2009 avec une dernière séance consacrée à Angela Marzullo et sa pièce Tarentule).
Je souhaite ici m’arrêter sur l’évolution de l’association. Les activités initiales des Trois Lumières, ambitieuses sur le plan scientifique, sont chronophages et nécessitent un important investissement financier. Ce sont cependant surtout les personnalités portant ces divers projets qui expliquent les discontinuités. Deux exemples permettent d’étayer cette hypothèse. En premier lieu le cycle ImpaKt, présenté par ses programmateurs-trices comme une « forme inédite en France » de valorisation de films produits sur tous supports et situés « entre le nouveau cinéma et l’art contemporain », différait des autres activités des Trois Lumières. Ces séances, qui invitaient non des chercheurs mais des artistes contemporains engagés et innovants, se voulaient moins universitaires, quoi qu’elles aient lieu au sein de l’Institut national d’histoire de l’art. Celles-ci correspondaient par ailleurs surtout aux recherches de doctorants pour la plupart dirigés par Nicole Brenez. Leur portée est donc moins « universelle » que celle des réunions-échange et la transmission apparaît alors moins évidente entre les différentes générations d’adhérents. En second lieu, il est manifeste que le projet de publication des réunions-échanges est entièrement porté par Isabelle Marinone. Après que celle-ci ait soutenu sa thèse en 2004, et bien que l’initiative semble être bien avancée, personne ne s’attache à conduire cette publication. La perspective de publier les interventions réalisées pendant les réunions-échanges conférait-elle un cadre trop rigide à des séances qui doivent laisser une place aux doutes ? Allait-elle à l’encontre de l’essence de ces rendez-vous bienveillants plus que professionnalisants ? Ou ce projet était-il trop personnel à son instigatrice qui ne réussit pas à le transmettre efficacement à ces successeurs ?... Quoi qu’il en soit, on n’en entendra plus parler.
Malgré l’abandon ce certains projets d’un intérêt incontestable, le dynamisme actuel de l’association, toujours prête à s’adapter aux besoins et aux envies des jeunes chercheurs, montre que sa malléabilité a été une force incontestable. En témoigne l’élargissement du rayonnement de cette structure. Il y a notamment, sous l’impulsion commune de Julien Centrès et Marie-Charlotte Téchené, la création d’un partenariat entre Les Trois Lumières et Doct’isor, une association de doctorants en Histoire de l’UFR 09 de Paris 1, créée sur le modèle des Trois Lumières en 2013. L’association de l’UFR 03 a d’abord soutenu la création de sa consœur de l’UFR 09 en lui faisant bénéficier de son réseau considérable développé au fil des années. Aujourd’hui, cette collaboration se traduit par des interventions croisées entre les deux associations jumelles. Mais c’est aussi l’occasion de voir comment ces différents doctorants ont finalement des objets communs et des méthodes complémentaires et ainsi de faire dialoguer l’Histoire avec l’Histoire du cinéma.
Toujours sous l’impulsion de Marie-Charlotte Téchené, Les Trois Lumières a décidé récemment (à l’année universitaire 2015-2016) d’accueillir des stagiaires. Chargés entre autre de la rédaction des comptes-rendus des réunions échanges, mais aussi d’une partie de la communication, ils répondent à un besoin de sensibiliser les étudiants aux activités de l’association et de lui assurer une continuité.