Passer au contenu principal

Une permanence : les réunions-échanges

Malgré les aléas du fonctionnement associatif et le fréquent renouvellement de ses membres, Les Trois Lumières a pu pérenniser ses activités. Cela est notamment du à l’un de ses projets originels, devenu l’activité phare de cette structure : les réunions-échange. Le format de ces séances a peu évolué au fil des ans. Organisées thématiquement, celles-ci sont simplement passée d’une à deux interventions orales, suivies d’une discussion entre les participant-e-s constructive et ouverte plus qu’évaluative. En effet, les réunions-échange constituent des espaces d’échanges bienveillants entre étudiant-e-s, dédiés à l’élaboration participative d’une pensée. La spécificité de cette manifestation mensuelle est donc, comme son nom l’indique, de permettre une interaction entre les intervenant-e-s et les auditeurs-trices. Mais comment expliquer la longévité de cet événement scientifique ?

Les entretiens réalisés dans le cadre de cette exposition (avec Alban Ferreira – actuel président des Trois lumières, Marie Frappat et Marie-Charlotte Téchené, qui ont tous trois contribué à la programmation de ces réunions, ainsi qu’avec Catherine Roudé) m’ont permis de mieux comprendre cette formule originale dont le succès est manifeste. La première raison est d’ordre pratique. En effet la programmation annuelle ne demande pas de moyens démesurés tant en termes de temps que financièrement. Cette relative simplicité a certainement contribué à leur transmission systématique d’une génération d’adhérents à une autre. Elle n’est cependant pas le seul facteur permettant d’expliquer cette pérennité.

En effet, en dépit du départ d’une grande partie des forces vives de l’association en 2009, les réunions-échange vont alors s’imposer comme le fer de lance de l’activité des Trois Lumières. Cela résulte d’une caractéristique originelle de l’association, à savoir son ouverture à différentes disciplines et à des chercheurs-ses issu-e-s d’autres universités. En 2009, les réunions-échange sont en effet organisées par Marie Frappat, Myriam Juan et Frédéric Monvoisin, dont aucun n’est doctorant de l’UFR 03 (Myriam Juan était doctorante de Paris 1 mais en Histoire, Marie Frappat et Frédéric Monvoisin étaient doctorants en Histoire du cinéma à Paris 3). Ce sont en fin de compte ces trois personnalités qui ont permis la poursuite du séminaire. Sûrs de la nécessité de ces séances pour les jeunes chercheurs en Histoire du cinéma, ces derniers ont continué de proposer une programmation riche et diverse grâce à une mailing liste très développée (étoffée d’année en année) et ont réussi à transmettre leur activité en se rapprochant des générations suivantes. 

En dernier ressort, il est utile de constater que ces rendez-vous réguliers répondent à un besoin toujours partagé des doctorants de pallier aux difficultés propres à leur statut, en particulier un isolement peu propice à l’épanouissement intellectuel et personnel. Les réunions-échanges poursuivent donc aujourd’hui les ambitions affirmées lors de la création des Trois Lumières : rapprocher les chercheurs-ses afin d’éviter l’écueil d’un intellectualisme solitaire, évoquer et comprendre les difficultés méthodologiques de la recherche en cinéma, débattre et communiquer. Ainsi ces séances demeurent-elles (quasi) incontournables pour un étudiant curieux !