Focus : la journée d'études "Des médias pour la paix"
Malgré les lacunes du fonds d’archives après l’année 2009, je constate toutefois une exception digne d’être remarquée. En mettant en relation une petite dizaine de documents je parviens en effet à mettre en lumière différentes strates de l’organisation de la journée d’études « Des médias pour la paix », depuis la naissance du projet jusqu’à son déroulement le 23 mars 2012. Le témoignage de Catherine Roudé, l’une des organisateurs-trices, permettra utilement de compléter la documentation rassemblée dans les archives des Trois Lumières.
Le projet est mis en œuvre en novembre 2010 suite à une sollicitation extérieure à l’université. Bernard Baissat, cinéaste anarchiste et membre de l’Union Pacifiste de France, a participé en 2010 aux journées d’études « Anarchie et Cinéma » organisées à l’INHA par Nicole Brenez et Isabelle Marinone. Quelques mois plus tard, celui-ci adresse à Nicole Brenez une demande précise : organiser des journées d’études sur le même modèle à l’occasion des 50 ans de l’Union Pacifiste. Cette requête est transmise à deux doctorantes de l’HiCSA, par ailleurs membres des Trois Lumières : Catherine Roudé et Marguerite Vappereau.
Ces dernières sont d’abord réticentes. D’une part, ni l’une, ni l’autre, n’étudie la cinématographie pacifiste dans le cadre de son doctorat et, d’autre part, Les Trois Lumières n’a pas pour vocation d’organiser des événements extérieurs. Les deux jeunes chercheuses sont finalement conquises par la personnalité intéressante et les propositions de Bernard Baissat. En outre, elles y voient à juste titre l’opportunité d’acquérir de l’expérience dans l’organisation d’événements scientifiques. C’est pourquoi, grâce aux encouragements d’une ancienne des Trois Lumières, Hélène Fleckinger, et au soutien d’un enseignant de la formation d’Histoire du cinéma, Dimitri Vezyroglou, elles prennent en charge la conduite du projet. D’abord, il faut constituer un comité d’organisation. Les volontaires sont tous membres des Trois Lumières mais issus d’universités différentes. Ensuite, il est nécessaire de conférer au projet une légitimité scientifique. Les organisatreurs-trices sollicitent des chercheurs spécialisés dans les thématiques qu’ils et elles souhaitent voir abordées lors de la journée (non pas seulement le cinéma, mais aussi le théâtre, le dessin, l’affiche…). Si leurs principales tâches sont la validation de l’appel à communication et du programme, certain-e-s s’investiront dans le déroulement même de l’événement. Les deux journées d’abord envisagées sont finalement réduites à une seule du fait de la faible quantité de réponses à l’appel à communication. Les intervenants choisis sont issus aussi bien de l’université que des milieux pacifistes et libertaires.
Au total, le relatif succès de la journée d’étude « Des médias pour la paix » résulte d’une véritable collaboration entre Les Trois Lumières et l’Union Pacifiste, puisque l’association étudiante a constamment échangé avec les militants pacifistes. Selon Catherine Roudé, ce projet fut une expérience positive tant sur le plan logistique (découverte du fonctionnement de l’université dans l’organisation d’un événement scientifique) que d’un point de vue humain. La responsabilité du projet, confiée à une équipe soudée de doctorants, a permis de renforcer les liens entre ces jeunes chercheurs et de donner un nouveau souffle aux Trois Lumières.